Suicide

Le suicide n’est pas considéré au XIe siècle comme l’expression d’une volonté, même moralement blâmable, comme on le fait aujourd’hui. Pour Augustin d’Hippone à propos de l’hérésie donatiste, on doit s’attacher à distinguer entre le juste qui s’avance vers le martyre inévitable et le suicidé illégitime qu’il faut condamner. Ce dernier se soumet à un vice (dementia) qui n’a pas de juste cause. En outre, il commet un meurtre contre lui-même justifiant dans l’au-delà une punition éternelle. Finalement, c’est cette seconde réprobation du suicide, comme pire fureur d’inspiration démoniaque, qui domine le monde féodal et explique tout à la foi le refus de funérailles au cimetière et la confiscation des biens, soustraits à l’héritage pour signifier que la communauté chrétienne récupère l’initiative sociale dont cette mort l’a privé.

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