Clercs

L’auteur choisit le mot « religieux » plutôt que celui de « moines », qui n’est attesté qu’à partir du siècle suivant. L’usage de « bénédictins » se justifierait encore moins. Ce mot est conçu au 4ème concile de Latran (1215) pour distinguer, au sein des religieux organisés en ordre qui suivent la règle de Benoît de Nursie, soit ceux qui sont d’obédience clunisienne plus fastueuse ( dits les bénédictins), soit ceux qui suivent une version plus ascétique (dits cisterciens en référence à l’ordre de l’abbaye de Cîteaux).

Les clercs ont l’idée que l’Église seule détiendrait l’entière souveraineté, « l’auctoritas » des Romains, au motif de sa supériorité morale quasi surnaturelle. Les princes ne possèderaient que la « potestas », c’est-à-dire une puissance politique subsidiaire.

La fabrication de faux au soutien de telle ou telle prétention était une grande spécialité de certains clercs, dès les premiers siècles du renouveau du texte sur la coutume. Un exemple très édifiant est constitué par ce que les historiens appellent les «fausses décrétales » du IXe siècle, qui notamment assoient des principes de hiérarchie et de discipline dans l’institution ecclésiale, avec pour conséquence de promouvoir à sa tête l’évêque de Rome.
Mais plus généralement, on peut imaginer que toutes leurs intentions n’étaient pas malicieuses, souvent elles répondaient à un souci de précision quand une source semblait manquer. On pratiquait alors l’interpolation, modification ou ajout dans un document original de quelques mots, phrases, voire paragraphes entiers. Ces documents « mentaient vrai » dans un souci de bien faire.

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