Pénitentiels

Finnian de Moville rédige vers 550 une règle que les moines irlandais doivent suivre pour racheter leurs péchés. Le succès de la formule « pénitentiel », principalement axées sur les pratiques sexuelles, va se propager jusqu’au XIe siécle environ avec une riche littérature de genre, très utile à notre compréhension de l’ethnologie médiévale. Le fleuron des pénitentiel est le « Corrector sive Medicus » de l’évêque rhénan Burchard de Worms (1020). On peut y lire à titre d’exemple : « As-tu cru à ce que certains ont l’habitude de croire, qu’il existe des femmes habitant les champs, appelées sylphes, ayant un corps matériel, et lorsqu’elles veulent, elles se montrent à leurs amants et prennent plaisir avec eux, et de même lorsqu’elles veulent, elles se cachent et disparaissent ? Si oui, tu feras pénitence dix jours au pain et à l’eau». Théodulfe, évêque d’Orléans prévient donc à propos des pénitentiels : « Bien des crimes y sont énumérés, qu’il ne convient pas de faire connaître aux hommes. Aussi le prêtre ne doit pas l’interroger sur tout, de peur que le pénitent ne tombe sur l’instigation du diable pour un vice dont il ignorait auparavant l’existence. ». Les pénitentiels seront abandonnés à partir du XIIe siècle et remplacés par la confession publique avec remise plus ou moins intégrale des péchés.

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