Saints et reliques

Les âges médiévaux fourmillent d’exemples édifiants du pouvoir des représentations du sacré, particulièrement celle de la croix de la crucifixion du Christ. Ainsi une « Vie de Saint Benoit de Nursie » écrite vers 1041 relate qu’un homme décédé en état de péché fut trois fois rejeté par la terre. On plaça finalement sur la poitrine du mort un certificat d’absolution sur croix de plomb pour que la terre consente à le garder.

La force agissante des reliques s’exprime en toutes occasions, qu’il s’agisse de leur découverte (légende de leur invention), de leur déplacement (translation), de leur exposition (reliquaire), de leur déposition (inhumation sous la table d’un autel). Aussi, chacune de ces étapes est particulièrement ritualisée. Elles sont tout autant un enjeu de prestige, de pouvoir et de domination pour ceux qui les possèdent.

Ce n’est que postérieurement au XIè siècle que s’imposera la technique du procès en canonisation instruit par Rome. Jusqu’à ce siècle, la simple acclamation populaire faisait les saints.

Au début du IVe siècle, une légion romaine basée en Egypte et commandée par Maurice fut envoyée en Gaule pour mater une révolte. Refusant de sacrifier aux idoles pour favoriser le sort des armes, les chrétiens de cette légion furent tous suppliciés sur place.
Une légende du VIIIe siècle veut que la relique de Saint-Maurice ait été retirée du Rhône par l’archevêque Eolde de Vienne. La Geste de Dagobert écrite en 831 considère que le rayonnement de Saint Maurice vient après celui de Saint Denis, mais avant celui de Saint Martin, ce qui faisait de lui le second patron du monde franc.