Robert d’Arbrissel

Voltaire égratigne sa renommée dans « La Pucelle d’Orléans », chant IV. Il laisse dans sa dernière édition cette apostille fort mal informée et égrillarde : « Robert d‘Arbrissel, fondateur du bel ordre de Fontevrauld : il convertit, en 1100, d’un coup de filet, par un seul sermon, toutes les filles de joie de la ville du Rouen. Il s‘imposa un nouveau genre de martyre : ce fut de coucher toutes les nuits entre deux jeunes religieuses pour tromper le diable, qui apparemment le lui rendit bien. Il n’aimait pas la loi salique, car il fit une femme abbé général des moines et moinesses de son ordre ».
Cette mauvaise fortune littéraire n’est peut-être pas étrangère au refus systématique de Rome de béatifier cet ermite original, pécheur en début de vie, expiant beaucoup ensuite, fondateur de la congrégation des chanoines réguliers de La Roë, puis du prieuré de Fontevraud.
Après leur entrevue à Angers, le pape Urbain II lui confia de prêcher la croisade parmi le petit peuple.