Édifices

On s’imagine le XIeme siècle, début d’une période appelée moyen-âge central, recouvert de villes en pierres. Rien de moins vrai jusqu’au siècle suivant. Tout y est encore en bois ou en terre séchée, à de rares exceptions comme les palais princiers et les églises cathédrales ou abbatiales. Les historiens relativisent beaucoup l’exactitude de la phrase du moine Raoul Glaber, vers 1030, citée continuellement depuis « Comme la troisième année après l’an mille était sur le point de commencer, on se mit par toute la terre, et particulièrement en Gaule et en Italie, à reconstruire les bâtiments des églises. Bien que la plupart fort bien édifiées n’en n’eussent nul besoin, une véritable émulation poussait chaque communauté chrétienne à en avoir une plus somptueuse. On eut dit que le monde lui même se secouait pour dépouiller sa vétusté et se revêtait partout d’un blanc manteau d’églises ».
De même, on doit en grande partie aux écrits dudit moine le mythe de la terreur générale de l’an mil, qui subjuguera tant Michelet et les romantiques, alors que les historiens modernes démontrent que les hommes de l’époque considéraient comme une hérésie millénariste archi minoritaire celle qui appelait la fin du monde et l’avènement de l’Antéchrist.

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