Mikaïl Psellos

Michel Psellos nait en 1018. On perd sa trace vers 1078. Il fut un intellectuel et haut fonctionnaire byzantin, certainement un des philosophes néoplatonicien marquant de son siècle.
Brillant touche-à-tout, son érudition couvre de vastes domaines du savoir du siècle.
Concernant sa vie, il laisse de nombreuses lettres autobiographiques. Très haut fonctionnaire impérial, il fait l’objet d’intrigues et trouve protection en embrassant une vie monastique qui ne doit rien à la vocation.
Revenu en grâce, sa carrière connaît des hauts et des bas, tour à tour conseiller impérial, ministre, professeur et administrateur de l’École des lettres de Constantinople (1045 – 1054).
Son oeuvre littéraire encyclopédique révèle un esprit puissant, pas nécessairement innovateur en physique et mathématique ou en histoire, mais agrégeant adroitement les travaux des autres et soucieux d’expérimentation. En philosophie et en théologie, il concoure puissamment au courant néoplatonicien et à un christianisme d’inspiration plotinienne, ce qui lui vaut pas mal d’inimitiés.
En définitive, son oeuvre démontre une conception claire et optimiste de la vie, une incoercible indépendance de pensée, un goût de la synthèse spéculative et métaphysique. Il pose bien l’esprit médiéval comme jalon entre l’antique pensée grecque et l’efflorescence de la Renaissance.

L’école de pensée philosophique appelée néoplatonisme renouvelle dans l’antiquité tardive (entre le IIIe et le Ve siècle) la lecture de Platon, en la rendant pleinement compatible avec la vision d’une déité unique et créatrice. Elle influencera des écoles islamique, judaïque, chrétienne de tendance néoplatonicienne. Leur écho imprègne le jeune Augustin d’Hippone, ou des philosophes comme Marsile Ficin, Henry More. Pierre Hadot renouvelle leur étude au XXe siècle.

En bon courtisan, Psellos écrit à propos de la prise du pouvoir par Constantin X Doukas (1059‑1067) : « […] mais moi, usant d’audace, avec l’assentiment de tous les membres du sénat, je l’assieds sur le trône impérial, et je noue à ses pieds les sandales de pourpre et le reste des honneurs lui vint ensuite ( Michel Psellos, Chronographie, éd. et trad. É. Renauld, Paris, Les Belles Lettres, 1967, vol. II )